ANNE-MARIE DUBERNET, (dite Cyprienne), épouse Hériot.

remariée Mme DOUINE.

 

 

Née en 1857, Anne-Marie Dubernet est issue d'une famille modeste, son père, filateur de laine, sa mère, sans profession. Elle a quitté le Lot-et-Garonne natal pour venir gagner sa vie à Paris. C'est ainsi qu'elle est embauchée aux Grands Magasins du Louvre au rayon corset.

Sa rencontre avec Olympe Hériot (de 25 ans son aîné) va, on s'en doute, bouleverser sa vie. Quelques années après son mariage elle donnera d'elle le visage d'une vraie grande bourgeoise.

Elle aura deux grandes passions : la chasse et les tableaux de maître ou tapisserie (Aubusson, Orient etc.).

A la mort de son mari, le Commandant Hériot, en 1899, elle s'impose de traverser une période de deuil. Mais c'est aussi une belle jeune femme : elle n'a pas encore 42 ans. Ainsi, le 16 décembre 1908, elle épouse Mr Roger Hippolyte Douine. Les Douine sont filateurs (aussi) depuis plusieurs générations, installés à Troyes (dans l'Aube). Il est a noté que le père de Roger Douine (né en 1831) a siégé au coté de Olympe Hériot (né en 1833) au conseil général de l'Aube. Mr Roger Douine a alors 2 enfants majeurs, le contrat de mariage sera établi sous le régime de la séparation de biens. Madame veuve Hériot devient madame Douine.

Pendant la guerre 14-18, Mme Douine prêtera son château d'Essoyes pour en faire un hôpital. Elle n'a pas d'attache à Essoyes, elle vendra le château en 1929 à un ancien officier de l'armée américaine ayant servi en France durant la guerre.

Mme Douine est très attachée à l'Ecole Militaire Enfantine Hériot. En 1917, elle offre à l'armée la somme de 1,5 millions de francs pour agrandir l'orphelinat qui ne peut pas recevoir tous les orphelins de la guerre 14-18. La capacité passera alors de 165 à 300 places. Ainsi en 1918, 300 orphelins effectueront la rentrée scolaire. La générosité de Mme Douine, son dévouement en faveur de l'orphelinat lui valent de recevoir le 5 juin 1921 des mains du Maréchal Pétain les insignes de Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur (nous sommes en 1921, pas en 1940 ! ). La cérémonie se déroule dans la cour d'honneur de l'école Hériot. Le Maréchal Pétain se rendra plus tard souvent en visite à La Boissière où il est l'hôte de Mme Douine, il sera parfois accompagné d'un jeune officier : Charles De Gaulle.

Roger Douine décède le 8 mai 1925 à l'age de 61 ans. Il n'aura pas eu d'enfant avec Cyprienne.

Afin de continuer l'oeuvre de son premier mari, elle offre à l'Ecole Militaire Enfantine Hériot le Castel de Barbe-Brulée à Port Mer, prêt de Cancale. A partir du 8 novembre 1920, date de la donation, les poussins en bénéficieront durant les 2 mois d'été en tant que lieu de colonie de vacances. (voir la page)

Mme Douine est certes une femme du monde et bienfaitrice, mais elle est aussi une femme d'affaires. Le domaine de La Boissière passe de 1200 hectares à 1700 hectares entre 1900 et1945 grâce à l'achat de bois et de terres.

Sa fille Virginie meurt le 28 août 1930, à bord de son yacht.

Le 9 juin 1940, l'Ecole Militaire Enfantine Hériot est contrainte de se replier dans les Landes : les allemands ont franchi la Seine. 500 personnes dont 365 enfants quittent La Boissière. Après être passée par les Landes puis Billom en Auvergne, l'école s'implante en 1940 à Draguignan où elle y restera jusqu'en mars 1944, entre temps, en 1943, elle sera démilitarisée. L'école s'installe à partir de mars 1944 à La Roche-Posay. Elle y vivra probablement ses jours les plus noirs de la guerre quand le 27 août 1944, une colonne de l'armée allemande arrive à La Roche-Posay. Un caporal de l'école sera abattu.

Remilitarisée en février 1945, l'école quitte La Roche-Posay pour se réinstaller à La Boissière le 29 août 1945.

Quelques mois plus tard, le 5 décembre 1945, Mme Douine s'éteint à Paris après avoir eu la joie d'apprendre le retour des enfants. Elle a 88 ans, a connu 3 guerres. Elle est inhumée dans le caveau familial à La Boissière. Sa fortune sera partagée entre ses 2 fils vivants et son petit fils en 3 parts égales : << Je veux qu'il soit procéder... à la vente publique de tout mon mobilier, de toutes mes collections, tableaux, objets d'art, livres, linge de maison et de ceux de mes bijoux dont je n'aurais pas disposé de mon vivant., en un mot, à la vente de tous mes biens meubles, à l'exclusion des bustes et portraits de famille réservés à mes héritiers >>. Tous les principaux biens immobiliers et familiaux sont donc vendus, heureusement, son petit fils, Hubert, en rachètera une partie lors de la vente aux enchères. Le Château de La Boissière est légué à l'Ecole Militaire Enfantine Hériot.

                                   

Portrait de Mme Hériot en 1896.                    Mme veuve Hériot en 1900.

 

                                           

                  Mr et Mme Douine.                             Mme Douine dans sa villa de Cap-Martin.

 

 

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